OMS : partager équitablement les vaccins

Publié le par S.BACHIR

Les pays riches doivent donner une partie de leurs réserves de vaccins contre la grippe aux pays pauvres. C’est ce qu’estime l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui doit se charger que tous les pays de la planète puissent disposer de vaccins. Aux Pays-Bas, une majorité semble se dessiner au Parlement en faveur d’un don de vaccins à l’OMS.


L’OMS dispose de plus de 200 millions de boîtes de vaccins contre la grippe A. Les deux tiers ont été offerts par les producteurs de vaccins, le reste par des pays donateurs. Mais l’OMS affirme avoir besoin d’une réserve de base d’au moins 300 millions de boîtes. Neuf pays – dont les Etats-Unis, le Brésil et la France – se sont engagés à donner à l’OMS 10 pour cent de leurs réserves. Selon plusieurs partis politiques néerlandais, les Pays-Bas ne peuvent se permettre de ne pas suivre le pas.
 
Bon usage
Le ministre néerlandais de la Santé Ab Klink a commandé le printemps dernier 34 millions de vaccins contre la grippe A, deux pour chaque Néerlandais. Mais comme finalement seuls les groupes à risque ont besoin d’être vaccinés, il reste maintenant une bonne quantité de vaccins. Pour la députée Esmé Wiegman, du parti chrétien orthodoxe de la coalition gouvernementale ChristenUnie, il serait déplorable de les jeter alors que les pays en développement peuvent en faire un bon usage. L’envoi de plusieurs millions de boîtes à l’OMS est faisable, selon elle :

Je ne sais pas exactement le nombre de vaccinations dont nous avons besoin aux Pays-Bas. Pas tout le monde n’a besoin d’être vacciné et en tout cas pas deux vaccinations par tête d’habitant. Donc on pourrait envoyer plusieurs millions de vaccins.


Soins rudimentaires
Esmée Wiegman juge préoccupant que les pays en développement soient en bas de liste pour obtenir des vaccins. Sans parler des problèmes qu’ils rencontrent dans leur distribution. Au Sénégal, les autorités ont lancé une campagne d’information, mais les organismes de santé et les habitants ont d’autres problèmes à la tête, comme nous le dit notre correspondant Joost van Egmond dans la capitale sénégalaise :

Les villes ont l’intention de combattre toute sorte d’épidémie qui pourrait survenir. Il en va tout autrement pour la campagne. Actuellement, c’est la saison de la malaria et le système de santé rudimentaire africain se prépare à recevoir des milliers de cas. Il serait tout simplement de trop de leur demander d’avoir un œil sur la grippe A. Et les moyens sont rares. Un coordinateur de près de 1.000 campements sanitaires de la campagne sénégalaise m’a raconté que les tentes, les dispensaires d’une seule pièce n’ont aucun moyen de tester la grippe A et ne possèdent aucun médicament.

 
6,8 millions de boîtes
Un certain nombre de partis politiques néerlandais réclament maintenant une action du ministre de la Santé. Une députée des Verts, Jolande Sap, va encore plus loin. Elle demande 6,8 millions de boîtes de vaccins antigrippaux pour les pays en développement :

Nous avons de nombreux vaccins dont nous n’avons pas besoin pour le moment. Nous pourrions donc en donner 10% et je vais essayer de faire en sorte que le ministre donne l’accord pour en donner 20%.


Soucis
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme : le virus H1N1 pourrait provoquer une véritable "irruption explosive de grippe" dans les pays en développement en raison de la déficience de leurs soins médicaux.

L’OMS souhaite tout d’abord vacciner le personnel médical des pays concernés. Quand ce groupe sera protégé, ce sera le tour des autres groupes à risque.
 
Officiellement, le virus n’a pas encore été rencontré au Sénégal. Mais il est bien possible que l’on soit passé à côté du premier cas de grippe A, ou que l’on passe bientôt à côté. Les symptômes sont tellement communs que la grippe A n’est pas la première maladie à laquelle pensent les médecins quand ils voient un malade. De plus, avec les millions de morts causées chaque année par les autres maladies courantes, la prévention de la grippe est un luxe que cette région ne peut pas se permettre pour l’instant.

 

Source: Radio Nederland

 

Publié dans BIOLOGIE SANTE

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