Samedi 2 janvier
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Des chercheurs de l'Institut Pasteur, du CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu
sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de...), de l'INRA et de l'université (Une université est un établissement d'enseignement
supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche),...) Paris-Sud 11 ont publié dans la revue Science du
27 novembre 2009 la structure tridimensionnelle d'un complexe formé par l'ARN et une protéine du virus responsable de la bronchiolite. La structure de ce complexe éclaire sur la façon dont le
virus se multiplie dans la cellule infectée.
La bronchiolite virale atteint la majorité des enfants avant l'âge de 3 ans, souvent à l'occasion d'une épidémie, et
peut être à l'origine d'hospitalisations chez les personnes âgées ou immunodéprimées. A ce jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du
coucher du Soleil ; c'est la période entre deux...) aucun vaccin n'est disponible. Un virus homologue est aussi responsable d'une maladie respiratoire des jeunes bovins,
causant de lourdes pertes économiques dans les élevages. La résolution de la structure fine de ce complexe ARN-protéine ouvre donc de nouvelles voies dans la recherche (La
recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de...) d'une thérapeutique pouvant bloquer la multiplication de ce
virus.

Structure tridimensionnelle de la nucléoprotéine du virus respiratoire syncytial.
Le génome du virus est constitué d’une molécule d’ARN (noir et bleu turquoise) recouverte de la
nucléoprotéine constituée de deux lobes (rouge et jaune) se fermant comme une pince sur l’ARN.
Deux bras (bleu foncé) permettent à la nucléoprotéine d’interagir avec les
molécules voisines
et de former une chaîne continue, cachant et protégeant ainsi
l’ARN.
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Le virus respiratoire syncytial (VRS) est responsable de plus de 70 % des bronchiolites hivernales chez les jeunes
enfants. On estime que tous les enfants seront infectés par ce virus avant l’âge de 3 ans, souvent dans le contexte d’épidémie au sein de crèches par exemple, et qu’un tiers d’entre eux
développera une infection des voies respiratoires basses suivies dans la moitié des cas d’une hospitalisation. Chez l’adulte, la maladie s’exprime par des symptômes de type grippaux, voire par
une pneumonie pouvant être fatale chez la personne âgée ou immunodéprimée. En raison du nombre (Un nombre est un concept caractérisant une unité, une
collection d'unités ou une fraction d'unité.) de consultations et d’hospitalisations qu’il génère, le VRS constitue un véritable problème de santé publique. Malgré de nombreuses
recherches engagées par la communauté scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à
l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude...) depuis une cinquantaine d’années, aucun vaccin n’est à ce jour disponible pour ce virus chez l’homme. En
outre, les traitements disponibles sont relativement peu efficaces. L’homologue du virus respiratoire syncytial humain chez l’espèce bovine est une cause majeure de troubles de l’appareil
respiratoire chez les veaux. La gravité
(La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.) de la maladie et les complications provoquées par
les virus humain et bovin sont similaires et nécessitent des études fondamentales pour élaborer des stratégies antivirales. En dépendent la mise au point (Graphie)
de moyens de prévention et de traitement pour l’homme et pour le contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être
employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) de la maladie chez les bovins.
Le VRS est un virus dit "à ARN" qui stocke son matériel génétique sur une molécule d’ARN simple brin, contrairement à la plupart des autres êtres vivants qui portent leur information génétique
sur une molécule d’ADN double brin. Cet ARN est lui-même enveloppé par une protéine, appelée nucléoprotéine. Lorsque le virus pénètre dans les cellules pulmonaires, il détourne la machinerie
cellulaire de l’hôte afin de produire un grand nombre de nouveaux exemplaires du virus qui peuvent infecter à leur tour d’autres cellules ou être transmis à un autre individu. Le rôle de la
nucléoprotéine est à la fois de protéger l’ARN viral des défenses immunitaires de l’hôte durant son parcours au sein de la cellule, et de participer à sa multiplication en présentant l’ARN à
l‘enzyme virale qui le recopie.
Pour étudier le fonctionnement de ce complexe protéine/ARN, les chercheurs l’ont cristallisé. En examinant les cristaux à l’aide d’un synchrotron, qui produit des rayons X très puissants, ils ont
reconstitué grâce à un traitement informatique (L'informatique désigne l'automatisation du traitement de
l'information par un système, concret (machine) ou abstrait....) une image à haute résolution de la structure du complexe. Cette image détaillée montre comment les nucléoprotéines
s’associent les unes aux autres, à l’aide de "bras" pour former une chaîne —un peu à la manière des rugbymen lors d’une mêlée– tout le long de l’ARN. Chaque nucléoprotéine est constituée de deux
domaines qui se referment autour de l’ARN comme une pince. Ces deux domaines sont séparés par une charnière flexible. Les scientifiques ont émis l’hypothèse que lors de la multiplication virale,
la pince s’ouvre et laisse uniquement passer l’enzyme, permettant une lecture de l’information génétique contenue dans la séquence d’ARN. L’ARN viral serait ainsi toujours protégé au sein de ce
complexe.
Le rôle clé de la nucléoprotéine dans la multiplication du virus en fait une cible idéale pour la mise au point de médicaments, qui manquent cruellement pour traiter cette infection. En effet
puisqu’elle doit s’ouvrir pour permettre un accès à l’information génétique, une molécule bloquant son ouverture constituerait un traitement de choix. De telles molécules interrompraient la
réplication du virus et sa dissémination dans les voies respiratoires. L’image détaillée de sa structure tridimensionnelle, qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet, va permettre le développement
d’agents thérapeutiques potentiels, en fabriquant "sur mesure" des molécules capables d’inhiber la réplication virale. Ces travaux illustrent comment la recherche fondamentale (La
recherche fondamentale regroupe les travaux de recherche scientifique n'ayant pas de finalité économique déterminée...) sur la structure d’un virus peut avoir des applications
médicales et vétérinaires.
Source et illustration: Communiqué de presse
de l’Institut Pasteur.
Par S.BACHIR
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Publié dans : BIOLOGIE SANTE
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