La Guinée met le cap vers la présidentielle, la France reprend son aide

Publié le par S.BACHIR

Le président de la transition en Guinée, le général Sékouba Konaté (c), le 15 janvier 2010 à Ouagadougou


De Mouctar BAH (AFP) – 

CONAKRY — Un mois après la signature d'un accord de sortie de crise, la Guinée s'est dotée d'un gouvernement de transition chargée de mener le pays vers une élection présidentielle en juin, une normalisation saluée mardi par la France qui reprend sa coopération civile et militaire.

Les premières réactions à la formation, annoncée lundi soir après plusieurs semaines de tractations, d'une équipe gouvernementale de 34 membres, dont 6 militaires, étaient mardi à Conakry plutôt favorables mais sans être très enthousiastes.

Les ténors de l'opposition au régime militaire se sont prudemment abstenus de tout commentaire. L'accord de sortie de crise signé le 15 janvier à Ouagadougou prévoit que les responsables de la transition ne peuvent pas se présenter à la présidentielle, ce qui explique leur absence du gouvernement.

"Ce gouvernement est plus ou moins acceptable, avec des cadres plus ou moins connus", a indiqué à l'AFP Ibrahima Barry, membres de la coalition des Forces vives (opposition, syndicats et société civile), reflétant un sentiment largement répandu.

Selon lui, l'opposition doit aider la nouvelle équipe gouvernementale, dirigée par le Premier ministre de transition Jean-Marie Doré, lui-même issu des Forces vives, "à réussir sa mission pour aller vite aux élections".

Pour Aliou Bangoura, membre de l'Organisation nationale de droits de l'Homme (ONDH), le Premier ministre "a fait un choix judicieux en refusant de recycler les vieilles casseroles des gouvernements précédents".

Le général Mamadouba Toto Camara, membre de la junte au pouvoir depuis le coup d'Etat du 23 décembre 2008 conserve toutefois son portefeuille de la Sécurité et de la Protection civile.

Et le colonel Siba Lohalamou a été maintenu à la Justice. Il est considéré comme un proche
 du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, en "convalescence" au Burkina Faso après avoir été blessé à la tête lors d'une tentative d'assassinat le 3 décembre à Conakry.

Une commission d'enquête de l'ONU avait mis en cause le capitaine Camara dans le massacre de plus de 150 opposants le 28 septembre dans un stade de Conakry, en pointant sa "responsabilité pénale individuelle".

Des proches du Premier ministre ont par ailleurs été nommés à des postes clés, notamment au ministère de l'Administration du territoire et des Affaires politiques, au ministère de la Décentralisation et du développement local, ainsi qu'au ministère des Affaires étrangères et de la Francophonie.

Le ministère de l'Administration du territoire joue un rôle important dans l'organisation des prochaines élections.

Le président de la transition et chef de la junte par intérim, le général Sékouba Konaté, a placé des proches à la Sécurité, aux Transports, à l'Agriculture, à l'Energie et à la Pêche.

Le ministre des Mines Mahmoud Thiam, proche de la junte, a été confirmé à ce poste stratégique, le pays étant le premier exportateur mondial de bauxite.

Paris avait indiqué que sa coopération avec la Guinée, suspendue au lendemain du massacre du 28 septembre, pourrait reprendre dès qu'un gouvernement d'union nationale serait mis en place.

Et au lendemain de la formation de la nouvelle équipe, l'ancienne puissance coloniale a logiquement annoncé la reprise de "sa coopération civile et militaire pour marquer son soutien au général Konaté et au gouvernement, qui devront organiser très rapidement des élections".

Ce "gouvernement d'union nationale devra s'attacher à restaurer l'autorité de l'Etat", a déclaré la porte-parole adjointe du ministère français des Affaires étrangères, Christine Fages.

 

Publié dans GUINEE

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