Je suis jeune, je veux le changement, je vote pour mon avenir.

Publié le par S.BACHIR

http://www.dheco.com/45voter.GIFLes deux piliers de la démocratie sont le bulletin de vote et la liberté de l’information. Ajoutons-y l’indépendance de la justice, appelée à les garantir.

La Guinée notre pays fait partie de ces pays où ces piliers de base sont absents, non pas qu’ils seraient incompatibles avec je ne sais quelles traditions locales, mais parce que les politiques qui nous dirigent et leurs acolytes sabotent toutes tentatives de les édifier. Les systèmes politiques mis en place sont des despotismes de clan fondés sur l’enrichissement par la corruption de l’État, qui ignorent absolument tout de la notion de bien public, et pour cause : le peuple n’a pas de voix pour s’exprimer. 

L’enracinement de ces despotismes a toujours brillé par son incapacité à développer notre pays, à créer la moindre prospérité publique, à fournir les dispositifs élémentaires de services pour la vie collective, souvent sous la bénédiction des puissances de tutelle dont les institutions internationales, qui ont le front, par ailleurs, de proclamer leur foi en la démocratie.

La Guinée est, depuis le 23 Décembre 2008 entrée dans une phase de transition devant conduire notre pays à des élections présidentielles lesquelles, étaient prévues au départ le 31 Janvier 2010. Hélas avec, des incidents à répétitions et des déclarations de l'ex homme fort de Conakry, avec comme point culminant la sanglante répression du 28 Septembre 2009, menée par des hommes en uniformes sous les ordres de Dadis.

Acteurs du changement ou simples spectateurs: la politique c'est aussi une affaire de jeunesse

 

Comme en 2006, 2007 et 2009, cette répression a fait de nombreuses victimes, dont beaucoup, beaucoup de jeunes et de femmes.

De vagues de contestation et de désapprobation ont été menées dans presque tous les pays du monde et à chaque fois la jeunesse guinéenne à la tête du cortège. Tous, nous nous sommes levés comme un seul Homme, pour condamner cette répression et demander des comptes à l'armée. Le monde a suivi les guinéens en condamnant les auteurs de ce massacre et de ces viols de manifestants pacifiques.

Dans ces cortèges de manifestants tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, il n'y avait ni de différence ethnique, ni de régionalisme, il y' avait une population guinéenne qui combattait de la façon la plus pacifique possible, la misère, le déni de l'existence, l'abandon, la gabegie, le chômage, la corruption... Nous étions donc unis dans la diversité pour un but précis: l'épanouissement du peuple de Guinée.

Depuis Janvier 2010, nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la transition, avec aux commandes un autre homme, Sékouba Konaté et qui a fixé la prochaine présidentielle au 27 Juin 2010.

Nous devons donc élire un président le 27 juin 2010. Nul besoin de rappeler ici que la Guinée a perdu 5 décennies de son existence. Soit 50 années et quand on sait que l’espérance de vie d’un guinéen tourne autour de 45 ans, c’est tout simplement révoltant. 2010 est une nouvelle décennie qui s’ouvre et nous ne pouvons prendre le risque de rater les prochaines années de démocratisation et développement de la Guinée.

En effet, pour voter comme pour être éligible, il faut être recensé. Exercer son droit au recensement est donc le premier pas et une condition indispensable ²pour pouvoir voter. Voter est un droit. Le droit de vote est un des droits civiques de base dans une démocratie. Il permet aux citoyens de voter pour un État pour exprimer leur volonté, par le biais d'un scrutin, et ainsi d'élire leurs représentants et leurs gouvernants ou de répondre à la question posée par un plébiscite ou un référendum.

Depuis près de 20 ans on assiste en Guinée à des élections truquées, des violations de la loi fondamentale et des libertés du peuple. Avec cette élection, nous avons l'ultime chance de changer le cours de l'histoire en Guinée, marquée par des décennies de dictature et privations en tout genre.

Dans le monde actuel, le mode de gouvernement qui passe pour le meilleur, ou du moins pour le moins mauvais, est celui qui est issu du suffrage des citoyens. L’élection est le seul moment où chacun peut exprimer sa voix. Le peuple souverain est alors courtisé par ceux qui briguent la charge de le gouverner. C’est le moment des discours, des bilans et des promesses. La communauté nationale décide alors de faire confiance pour quelque temps à tel ou tel candidat.

Si, en pratique, bien des données peuvent venir influencer et détourner ce processus, son application demeure assez simple pour qu’on puisse penser que celui qui gouverne représente bien la majorité. On pourra donc la considérer comme responsable des décisions, bonnes ou mauvaises, bienfaisantes ou nuisibles, prises en son nom.

Le peuple allemand a donné en 1933 le pouvoir à Hitler comme chancelier du Reich qui l’a conduit à l’abîme, le peuple anglais, en 1940, a fait confiance à Churchill, comme Premier ministre, qui l’a mené à la victoire. Les Français ont choisi De Gaule comme Président en 1958 pour perpétuer une France mythifiée. Tous ces peuples sont acteurs de leur propre histoire.

En 2010, qu'allons-nous faire, nous jeunes de Guinée? Allons-nous être les acteurs de la transformation de notre pays ou alors resterons nous de simples spectateurs passifs au motif que la politique ça ne nous regarde pas?

Mon humble avis c'est que nous devons participer activement à ce processus qui nous conduira au vote du 27 Juin. Malgré, nos difficultés, nos occupations, nous devons nous faire recenser pour pouvoir voter.

Pourquoi Voter:

Si le vote est un droit, comme tout droit, celui-ci est assorti d'un devoir, le devoir de l'exercer !l'abstentionniste dénoncerait un complot totalitaire si demain il était privé du droit de vote pour cause d'abstentions réitérées. La logique voudrait donc que tous les citoyens votent, sous peine d'être des citoyens passifs n'ayant aucune raison de se plaindre, de revendiquer, de protester. Seuls pourraient justifier leur abstention ceux qui pensent que la société est parfaite et qu'il ne faut rien changer.

Ainsi, nous avons un choix capital à faire le 27 juin 2010. Un choix qui conditionnera notre existence pour les années avenir. Un choix pour nos enfants, nos familles, nous n’avons donc pas droit à l’erreur. Nous ne pouvons manquer ce rendez-vous, nous ne pouvons-nous priver de ce droit dont nous sommes battus et dont nous avons parfois payé le prix fort. Pour la première fois nous pouvons espérer participer à une élection où les résultats ne sont pas connus à l'avance. Une élection ouverte, et nos voies en tant que jeunes compteront plus tout.

De l'engagement des jeunes: les partis, l'ethnie, la région, les convictions

Tous autant que nous sommes, avons fait un constat du fonctionnement et de l'organisation des partis politiques en Guinée.

Trop souvent en Guinée, ceux qui font de la politique assimile parti politique et ethnie ou parti politique et régions naturelles. Certes un parti politique ne peut avoir la même représentativité au niveau national, il y’aura des régions où il sera plus actif que dans d’autres, mais dans le discours, dans les faits et gestes de son président, dans son programme, c’est de la Guinée qu’il doit avoir en tête, une Guinée unie et indivisible.

Nous ne devons  pas soutenir un candidat ou un parti pour la seule et unique raison qu’il soit de notre village, de notre ville, de notre région ou encore de notre ethnie. Une telle attitude serait suicidaire. La politique ce sont des convictions, des valeurs, des propositions de projet de société, des idées, et non la mamaya et le copinage ou pire encore l’ethno stratégie ou le régionalisme. Nous devons tous combattre cela. Nous avons l’obligation de forcer les aspirants au pouvoir en Guinée, de voir la Guinée dans sa totalité, dans son ensemble, dans sa diversité si riche. Nous devons bousculer ses préjuger qui consistent à dire cette fois ci c’est notre tour, ou encore, les autres n’ont pas la légitimité de diriger la Guinée, mais nous si. Diviser pour régner est la stratégie des faibles leaders politiques, des leaders sans projets, sans conviction sans capacité réelle à gouverner. Nous ne devons-nous inscrire dans cette logique.

Vu les tensions actuelles en Guinée, nous devons être vigilant et forcer les leaders des partis à nous chanter autre messe que celle du régionaliste ou de l’ethno stratégie.

Nous devons pour ce faire nous y intéressez à la politique, garder un œil ouvert sur les méthodes de gouvernance des partis. Nous devons adhérer à un parti par conviction. Nous devons choisir un parti pour les raisons suivantes : le projet de société qu’il nous propose, le mode de gouvernance, sa capacité à rassembler les guinéens autour de son projet de gouvernance. Il doit avoir un projet ambitieux et faisable.

 

Il n'est de richesse que d'hommes

Vous savez on nous dit toujours que nous somme le futur de notre pays en tant que jeunes. Ce n’est pas faut, mais pour avoir un futur, il faut avoir un présent solide pour se projeter vers cet avenir dont nous parle.

Nous ne devons attendre qu’on vienne nous chercher, nous devons nous faire notre place, avoir des idées et les mettre en application. Sans nous les jeunes rien n’est possible en Guinée, aucun leader politique ne peut être élu président sans le soutien de la jeunesse Nous devons donc soutenir celui qui dans son programme, mentionne, une place de choix pour la jeunesse, qui nous garantissent de grands projets et programme de développement nous permettant d’avoir un pays libre, démocratique et prospère et où il y a une justice indépendante et une liberté d’expression.

Le Sénégal a réussi une alternance politique en 2000 sans heurt, le Mali a organisé des ressentes élections portant ATT au pouvoir sans affrontement, pourquoi pas la Guinée?

Ne soyons pas simplement des applaudimètres dans les meetings politiques vêtus d’abominables teeshirts et casquettes à l’effigie de notre champion de leader. Ne nous laissons pas séduire par de maudites sommes d’argent pour soutenir tel ou tel candidat, ou de motos pour faire une propagande électorale sans que nos besoins, nos revendications en matière de formation, d'emploi et d'avenir soit garanties. Non, Jeunes de Guinée ne tombons dans ce piège. Ne vendons pas nos voix pour 5 ans de notre vie pour un rien du tout. Nous valons tous plus que ça. Le régime précédent avait assis son autorité sur l’achat des voix des citoyens. Le système a perduré pendant plus de 20 ans. En 2050, la guinée contera 24 millions d’âmes, soit le double de la population actuelle, alors vous comprendrez que c’est maintenant qu’il faut se battre pour instaurer en Guinée une vraie démocratie condition sine qua non d’un développement harmonieux et une paix civile, ce qui nous éviterais des coups d'État à répétions, menés par des voyous en uniforme se désignant comme défenseurs de la patrie.

Nous jeunes de Guinée, nous devons être des forces de proposition. En nous, doivent sortir de propositions concrètes et ce dans tous les domaines de la vie quotidienne. Nous devons participer aux rayonnements de notre Guinée. Nous en sommes capables.

Et j’en ai la ferme conviction que la jeunesse guinéenne est un vivier où se côtoient, talents expérience, sagesse et savoir-faire.

On a beau dire que la Guinée est un pays riche, de ressources naturelles et autres, certes… Mais ce qu’il faut savoir, c’est qu’il n’est de richesses que d’hommes.

Le monde a changé, la Guinée aussi doit changer et nous les jeunes guinéens devons être acteur de changement. L’avenir démocratique en guinée est forcément lié à celui de notre propre avenir.

 

SANGARE Bachir, Montpellier – France

123bachirs@free.Fr

Publié dans GUINEE

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