Guinée: éviter une "guerre civile du type Liberia" affirme l'ONU

Publié le par S.BACHIR

"Il faut éviter le pire" en Guinée, en écartant grâce aux négociations menées à Ouagadougou une "issue dangereuse qui pourrait tirer le pays vers une guerre civile du type Liberia", a affirmé le représentant du secrétaire général de l'ONU en Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit.

Même si les discussions engagées par le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne, sont difficiles, "il faut absolument trouver les moyens d'éviter le pire", a insisté le responsable de l'ONU, lors d'un entretien avec l'AFP et Radio France Internationale (RFI) mercredi soir à Dakar.

 

 

Née du coup d'Etat du 23 décembre 2008 ayant porté une junte au pouvoir, la crise en Guinée s'est brutalement aggravée avec le massacre le 28 septembre dans un stade de Conakry de plus de 150 opposants, selon l'ONU, par les forces de sécurité.

 

"Les risques sont évidents lorsque vous entendez parler, ici et là, de certains qui veulent introduire des éléments d'ethnicité, d'indications sur le recrutement de milices formées par des personnes qui viennent de l'extérieur", a-t-il ajouté. "On a même parlé d'officines qui ont recruté des gens pour entraîner ces milices", a-t-il relevé.

La France et les Etats-Unis ont exprimé leurs inquiétudes après que des informations et témoignages eurent fait état de l'emploi par la junte de mercenaires, essentiellement sud-africains, pour entraîner de jeunes soldats recrutés sur une base ethnique près de Forecariah, au sud de la capitale.



"Quand vous entendez tout cela et que vous le mettez dans le contexte de la Guinée, vous ne pouvez que redouter une issue dangereuse qui pourrait tirer le pays vers une guerre civile du type Liberia. Il faut donc tout faire pour éviter le pire", a insisté M. Djinnit. "On doit tout faire pour qu'on ait un accord (entre les parties guinéennes) le plus rapidement possible, que des élections aient lieu le plus rapidement possible", selon lui.

Le haut responsable de l'ONU a aussi apporté son soutien au médiateur burkinabè, dont le premier document de synthèse, prévoyant le maintien au pouvoir de la junte pour une transition de dix mois, a été vivement contesté par l'opposition en fin de semaine dernière.



"Ce n'est que le début des négociations, les propositions vont continuer et le document (de la médiation) va évoluer", a-t-il souligné. "Dans toute sa démarche, dans tout ce qu'il fait, dans tout ce qu'il vise à réaliser, le facilitateur a en tête les préoccupations exprimées par la communauté internationale", a assuré M. Djinnit.

Et "la position des Nations unies a été et demeure que le président du CNDD (Conseil national pour le développement et la démocratie, junte), les membres du CNDD et le Premier ministre, comme ils s'y sont engagés, ne doivent pas se porter candidats aux élections présidentielles", a-t-il insisté.



"Cette position n'a pas évolué, c'est évident", a-t-il poursuivi. Le document de synthèse présenté la semaine dernière par la médiation ne prévoyait pourtant pas d'empêcher au chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, de se présenter à la présidentielle.



"Est-ce que je suis optimiste? Il est difficile d'être très optimiste quand on sait que la divergence, le +gap+, entre les deux parties est encore énorme". "Il y a encore beaucoup de terrain à parcourir pour rapprocher les points de vue des uns et des autres et surtout agir dans le cadre et conformément aux souhaits exprimés par la communauté internationale", a-t-il rappelé. Mais "même s'il y a des raisons d'être inquiets, il faut malgré tout demeurer optimiste". - AFP

Source: africalog

Publié dans GUINEE

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