En fin libre aprés 2 mois de détention

Publié le par S.BACHIR

Mouctar Diallo

Un militant des droits de l'homme guinéen, Mouctar Diallo, arrêté en novembre après avoir accordé en entretien à une radio américaine sur le massacre d'opposants du 28 septembre à Conakry, a été remis en liberté, a-t-on appris samedi de sources concordantes.

"Mouctar Diallo a été libéré vendredi en fin d'après-midi", a annoncé à l'AFP Aliou Barry, président de l'Observatoire national des droits de l'homme (ONDH) auquel M. Diallo appartient.

Le militant des droits de l'Homme de 59 ans, un ancien employé de l'ambassade des Etats-Unis à la retraite, avait été arrêté le 26 novembre par des gendarmes du ministère chargé de la lutte contre la drogue et le grand banditisme, dans la banlieue de Conakry, près du camp Alpha Yaya Diallo.

Après sa remise en liberté, M. Diallo a raconté samedi à l'AFP: "J'ai été accusé d'atteinte à la sûreté de l'Etat, on m'a reproché d'avoir couvert les évènements du 28 septembre pour VOA (Voice of America), alors que j'avais seulement accordé une interview à cette radio".

"J'avais alors donné un bilan de 87 morts et on m'a notamment reproché de ne pas avoir donné le chiffre officiel de 57 morts, de ne pas avoir dit que la plupart des gens étaient morts par bousculade" comme l'avaient déclaré les autorités, a-t-il expliqué.

Le 28 septembre, les forces de sécurité avaient battu, poignardé, tué par balles des opposants au régime militaire rassemblés dans le plus grand stade de Conakry, et de nombreuses femmes avaient été violées par des soldats. Une commission d'enquête des Nations unies a établi fin décembre un bilan d'"au moins 156 morts et disparus".

Début décembre, la France avait publiquement demandé la "libération immédiate" de M. Diallo, de même que l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme (à Genève) et la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l'Homme (Raddho, à Dakar).

M. Diallo a expliqué avoir été détenu successivement au camp militaire Alpha Yaya Diallo (siège de la junte), puis à la brigade de gendarmerie du PM3, avant d'être placé, à partir du 5 janvier, à la Sûreté de Conakry. Il avait alors été présenté à un procureur et un juge.

"Je me suis rendu compte qu'il y a un travail gigantesque qui attend le gouvernement et les institutions humanitaires nationales et internationales, pour former les forces de défense et de sécurité et améliorer les conditions carcérales", a commenté M. Diallo.

AFP

Publié dans GUINEE

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