Crise guinéenne : Le compromis qui embarrasse

Publié le par S.BACHIR

On était en droit de penser que les Forces Vives n’avaient renoncé à aucun de leurs préalables surtout la démission du Capitaine Dadis. Apparemment, depuis hier, les délicieuses pintades de la capitale burkinabé, les ont amenées à jeter du lest. Au nom de la realpolitik, selon le porte-parole de l’opposition guinéenne.


 Donc, Dadis peut rester, à condition d’être bridé par un organe de gestion de la transition autre que le Cndd. Le chef de la junte serait alors l’interlocuteur de ceux qui le désavouaient, il y a seulement deux semaines mais sans ses camarades du 23 décembre. Le compromis, bien entendu, ne satisfait entièrement personne. A commencer par les Forces Vives : celles-ci se seraient bien épargné l’embarras du réajustement qu’elles viennent de faire ainsi que ses possibles implications pour leurs bases. Le Capitaine Dadis ensuite : il comptera mais seulement jusqu’aux élections qui l’excluraient infailliblement, et puis sans le bouclier du Cndd, il ferait plus otage qu’arbitre.


L’Union Africaine et la Cedeao également ne peuvent pas se frotter les mains, par cette flexibilité imprévue, les Forces Vives les rendent plus royalistes que le roi. Même frustration probable au sein de la communauté occidentale, les Français bien sûr, mais surtout l’administration Obama qui ne voulait rien entendre, voici seulement une semaine : Dadis doit partir immédiatement et inconditionnellement répondre de ses crimes devant la CPI, une juridiction à laquelle les Etats-unis n’ont pas adhéré, au demeurant. Reste le facilitateur Compaoré. Il est le seul, certainement, à boire du petit lait. Sa position fortement affirmée est que l’opposition accepte de dialoguer avec le pouvoir de Conakry. Il a été entendu pour l’instant. Mais pour combien de temps ? Car, ce sera à lui de convaincre Dadis de renoncer à sa candidature. Ce qui n’est pas donné.


Après tout, c’est bien pour cette raison qu’il y a eu le 28 septembre. S’il n’a pas cédé au moment où il était un homme libre, on voit mal le chef de la junte reculer maintenant que, sans le pouvoir, il court de plus grands risques d’être après Taylor, le second chef d’Etat africain à affronter la justice internationale.


Adam Thiam

 

Source: maliweb

Publié dans GUINEE

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