MOURIR DE DEMOCRATIE !

Publié le par S.BACHIR

Trop c'est trop!

Les tristes et douloureux événements guinéens du 28 Septembre dernier ne m’inspirent que la réflexion suivante :

Comme si ce peuple complètement affaibli, tributaire de différents régimes (coloniale, féodal, dictatorial…) traînant son boulet d'épreuves, de famine, de manque d'eau, d'électricité, de sécurité et de soins médicaux…avait encore besoin d'un tel carnage.

L'irréparable est fait, aucune femme porteuse de vie ne peut rester insensible face à cette boucherie dont aucun motif ne justifie les actes.

La femme et la mère que je suis comprend les esprits surchauffés qui crient vengeance. Mais une vengeance en appelle toujours une autre et souvent ce sont les innocents qui paient le prix fort.

C'est le moment de tempérer et se modérer car la douleur n'a pas de poids et ne se mesure point. Elle s'est installée, incrustée dans le cœur de la guinéenne qui porte le lourd fardeau de toutes ces exaspérations, de ces dérapages ethniques, économiques, politiques et sociaux.

C'est plutôt le temps de pleurer et d'enterrer nos morts, c'est triste à dire mais eux appartiennent désormais à Dieu, celui qui, dans la mêlée, a vu individuellement les actes de chacun, et il nous dit:

« Ne te venge point du méchant, à moi la force, à moi la vengeance ».

 Ces morts reposent plus en paix que ceux qui sont vivants et doivent faire face à leur miroir interne: la conscience.

 C'est toutefois le moment - et de cela nous avons le droit et même le devoir - de dire aux insouciants pyromanes de tous bords, billets de banque dans une main, allumettes et essence dans l'autre, de se calmer. Les trois notes graves et lancinantes de leur bourdon funèbre sont: saccage, ravage et carnage. Pour eux il n’y a plus d'honneur, plus de crainte, plus de scrupule, plus de respect d'une quelconque loi ‘divine ou humaine). Ils ne se retrouvent que dans l'anarchie, l'injustice et la force.

C'est aussi le temps de faire une autocritique, de se remettre en question sur nos degrés d'implication et de responsabilité car une épreuve, si tragique soit-elle, doit nous aider à grandir et à avancer sinon elle devient vaine. Les cerveaux programmateurs qui tirent les ficelles de l'anarchie dans le noir sont plus coupables que les bras qui exécutent.

 C'est encore le temps d'indexer le maillon faible de cette nation: son armée. Une armée désœuvrée divisée et anarchique qui a pris goût à l'argent et au pouvoir. Une armée qui est devenue le danger de son propre peuple.

 Le maillon faible de cette nation est cette poignée de personnes instables, vasouillardes, inconstantes et versatiles qui tiennent aujourd'hui en otage tout chef qui viens au pouvoir même animé des meilleures intentions. Cette tragédie n'est que la résultante du système qu'ils ont instauré et dont ils sont devenus prisonniers. Certains se souviennent de mon article sur le danger d'un système qui passe forcement par un bain de sang. C'était prévisible.

          Le maillon faible de la guinée c'est l'amalgame créé et entretenu entre pouvoir et religion. Lors de la dernière réunion de Genève, mon cheval de bataille était la démarcation de la religion à l'état. Personne ne semblait comprendre ma plaidoirie, pourtant tout ceux qui s y trouvaient savaient que de mémoire humaine politique et religion n’ont jamais fait bon ménage. L'association des deux ne peut engendrer que le chaos.

Le religieux est un modérateur neutre, courageux et véridique qui se met au dessus de la mêlée.

L'histoire retient le soutien de l'église à Hitler, la guerre de cents ans…si tout cela est loin, on n'a pas oublié le temps du culte du PUP dans les mosquées, du feuilleton de la véritable bataille rangée entre Eglise et Conseil Islamique par le biais des deux première dames les Vendredi et Dimanche à la télévision guinéenne.

C'est encore et toujours le temps de faire appel à ces personnes morales et garantes du peuple pour dire non aux abus du pouvoir. Un chef peut certes régner par la terreur, un temps, mais il ne peut s'épanouir qu'en gagnant l'amour et la confiance du peuple et cela passe forcement par le respect de l'autre, le dialogue et l'humilité.

C'est enfin le temps de féliciter le peuple de Guinée qui au delà de toutes ses divergences fait bloc pour la cause commune.

                      Aissatou BARRY- Nènè Aye, Suisse.

                                     Assaba59@yahoo.f

Publié dans GUINEE

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