Grippe porcine: Et si l'histoire se répétait ?

Publié le par Steve Connor

En 1918, la grippe espagnole aurait tué 50 millions de personnes. Ce qui se passe actuellement au Mexique rappelle cette époque, même si on semble aujourd'hui mieux préparé.

Les porcs sont connus pour être des incubateurs des virus de la grippe et ils peuvent être porteurs de plusieurs types de virus de différentes espèces. C'est pour cette raison qu'ils sont considérés comme essentiels pour l'évolution de nouveaux virus de la grippe capables de franchir la "barrière des espèces" et de passer de l'animal à l'homme, déclenchant ainsi une pandémie. En fait, ces virus différents qui infectent le même animal sont susceptibles de plus ou moins se reproduire. Autrement dit, ils échangent leurs gènes viraux et engendrent de nouvelles formes de grippe, qui peuvent se révéler potentiellement dévastatrices pour la population humaine.

Le principal danger, avec une nouvelle grippe venue du porc, c'est que le système immunitaire humain ne l'identifierait pas immédiatement, et qu'elle pourrait par conséquent entraîner de graves infections qui pourraient rapidement se transmettre d'une personne à l'autre. Les virus de la grippe qui circulent actuellement dans la population sont d'ordinaire relativement bénins en comparaison. Les scientifiques redoutent que la souche de grippe porcine active au Mexique, qui semble avoir franchi la barrière des espèces et atteint l'homme, n'ait développé une forme de transmission efficace qui lui permet de passer rapidement d'un hôte à l'autre.
Les autorités médicales craignent en particulier que le Mexique soit le théâtre d'au moins trois épidémies simultanées : à Mexico, la capitale, à San Luis Potosí, dans le centre du pays, et à Mexicali [dans le nord-ouest]. Ce qui semble démontrer que l'infection peut se répandre rapidement. Il est difficile de prédire l'impact d'une pandémie provoquée par un tel virus, car cela dépend de plusieurs facteurs inconnus, comme le niveau d'immunité ou de protection dû aux grippes récurrentes dont bénéficient les populations, ainsi que la virulence ou la mortalité de l'infection. Le virus responsable de l'épidémie mexicaine appartient à une variante du sous-type H1N1 de la grippe A. Cette souche particulière du virus H1N1 n'avait pas été jusqu'à maintenant détectée chez le porc ou chez l'homme, d'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les lettres se rapportent aux deux principales protéines virales, l'hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N), dont les structures présentent de subtiles différences d'une souche virale à l'autre. La souche H5N1 de la grippe aviaire a été considérée comme une menace potentielle susceptible de déclencher une pandémie. Quant au H1N1, il a déjà été la cause de la plus terrible pandémie de l'histoire : la grippe espagnole de 1918, qui aurait tué près de 50 millions de personnes.

Outre les virus connus de la grippe porcine, les porcs peuvent également être porteurs de virus de la grippe aviaire, ainsi que d'autres dont on sait qu'ils provoquent la grippe chez l'homme. C'est pourquoi les porcs sont vus comme des "creusets", où les gènes de ces virus peuvent fusionner ou se "réassortir" dans des cellules infectées pour créer de nouvelles souches plus virulentes de la grippe.

L'autre aspect inquiétant de l'épidémie du Mexique est qu'elle affecte apparemment les sujets jeunes et a priori en bonne santé, au lieu des groupes à risque habituels, les personnes âgées et les malades. Un parallèle troublant avec la pire épidémie de grippe de notre histoire, celle de 1918. Pour l'heure, l'OMS appelle les pays à renforcer leur surveillance afin de détecter toute augmentation du nombre de cas de grippe au-delà de ce qui serait la norme pour les grippes saisonnières, lesquelles circulent en permanence dans la population. Les laboratoires vont procéder à d'autres tests et analyses sur le virus afin d'en évaluer la capacité à déclencher une pandémie. Les premiers résultats confirment que le virus est sensible à l'un au moins des grands vaccins antigrippe, le Tamiflu, déjà stocké en prévision d'une pandémie.

27.04.2009 | Steve Connor

Source: courrier international

Publié dans BIOLOGIE SANTE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

walkmindz 28/04/2009 09:40

De nos jours, le nerf de la guerre, c’est le flux.
Afin de rentabiliser celui-ci, la politique du pire et du point non retour est l’unique moyen d’alimenter les psychoses.
La confusion générale et les interrogations personnelles construisent la mythologie de la panique numérique.
Le chaos est le meilleur moyen de contrôle des masses, il est à la fois invisible et omniprésent.
De la téléphonie mobile 3G la plus banale à la toxicomanie du clic, en passant par le rituel de la télécommande, tout est bon pour se tenir au courant de tout et de rien.
Une contagion inconnue passionne davantage les foules qu’une maladie maîtrisable.
Le nombre de morts configure la couverture médiatique.
La suite ici :
http://souklaye.wordpress.com/2009/04/27/bloc-note-psychose-mediatique/